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Tuhiva Morgan | Le digne héritier

Il est le petit-fils d’une icône du ‘ori Tahiti, Paulina Morgan, dont le nom restera à jamais associé à celui des danses traditionnelles polynésiennes à travers celui de sa troupe Tiare Tahiti. Si ses proches ne lui ont pas véritablement « passé le flambeau », cet héritage a toujours nourri chez Tuhiva Morgan une fibre artistique qui a définitivement pris la voie de la musique au moment de son adolescence. Formé aux États-Unis, le jeune homme de 25 ans né à Papeete, devenu compositeur, guitariste et professeur de musique, renoue aujourd’hui davantage avec sa culture comme un vibrant hommage à cette grand-mère décédée en août dernier. 

De sa famille, il retient une ambiance, un environnement toujours faits de danses et de musique. Sa mère et ses amis notamment ont continuellement organisé des jam sessions, qui n’ont pas tardé à développer chez Tuhiva un certain intérêt pour la guitare même s’il n’a pas réellement approché l’instrument jusqu’à l’âge de 11 ans. Vers 15 ans, il vit cette fois une véritable révélation en assistant à une édition du Festival Guitare. Époustouflé par l’exemple des jeunes en lice pour le concours, il décide de se mettre à bosser sérieusement l’instrument en autodidacte dans le but de se présenter à son tour l’année suivante. Fort d’une composition très personnelle écrite avec son papa, il remporte en 2012 le concours du Festival Guitare et aime tellement l’expérience qu’il décide d’en faire son métier. Son professeur, Anthony Doucet, lui recommande d’intégrer le Musicians Institute de Los Angeles. Ce qu’il fera en octobre 2014 après être parvenu à convaincre ses parents. S’en suivront 6 années de séjour aux États-Unis passées entre formation, shows, tournées, festivals avec de nombreux musiciens.


Retour à la source
Riche de toute cette expérience, celui qui rêve encore de devenir musicien de session professionnel et d’avoir l’occasion de faire des tournées avec les plus grandes stars de la planète a toujours été attaché à faire entendre sa propre mélodie intérieure. Une mélodie qui a fini par prendre la forme de « Pointing Fingers », un EP de quatre titres sorti en août dernier avec Ujayi Collective et désormais disponible sur toutes les grandes plate-formes. Mais après des années si denses, passées à jouer de la guitare entre 7 et 8 heures par jour, ce fan de funk et de RnB a choisi de revenir pour un temps poser ses valises à Tahiti avec une forte envie de s’impliquer davantage dans sa culture. Et s’il nourrit de nombreux autres projets, à commencer par celui d’une collaboration dans la composition avec une troupe de danse de la place, il proposera aussi sur ‘Omana de nombreux arrangements guitaristiques (et ce pour trois niveaux de pratique) afin de permettre à un large public de découvrir et redécouvrir la musique et les chansons traditionnelles d’hier (mais remises au goût du jour par ses soins) et d’aujourd’hui.