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Matani Kainuku | L’inspiré

Né le 22 septembre 1973 à Pirae, Matani Kainuku est issu d’une famille d’artistes, épris de musique et de culture polynésiennes, qui compte parmi ses membres des personnalités devenues de véritables icônes de l’histoire contemporaine locale. Une formidable généalogie au sein de laquelle la créativité s’est transmise d’une manière très vivace et prolifique, contribuant à insuffler à Matani l’idée de la création en 2002 d’un groupe devenu à son tour légendaire : Nonahere.

Il est le neveu de la chanteuse bien connue Esther Tefana. Mais il est aussi, par sa grand-mère guide touristique, parent avec Paulina Morgan, immense dame du ‘ori Tahiti, qui fut la première à l’enseigner au Conservatoire artistique de la Polynésie française (avant Mamie Louise Kimitete), qui fut aussi la chorégraphe de Gilles Hollande et de Tumata Robinson, et surtout la créatrice de la troupe Tiare Tahiti, première troupe à avoir voyagé partout dans le monde. Si l’on ajoute à cela que Matani est également famille avec Moeata Laughlin, on aura une idée encore plus nette de la qualité de son héritage en termes de talent artistique et d’inspiration. D’ailleurs, il apprendra la danse presque comme on apprend à marcher : vers 3 ans, en partageant avec les autres dans la Maison des jeunes de son quartier, à une époque où l’on pouvait encore occuper la rue pour danser et répéter, avec tous ceux qui remplissaient alors l’espace public de leurs tambours et de leurs chansons.


Un ardent promoteur de la philosophie associative
S’il a commencé la danse très tôt, Matani n’a pas pour autant suivi un parcours de danseur ambitieux au sein de grandes formations. Il a davantage privilégié son éducation musicale, reçue au Conservatoire où il suivra des cours de guitare, de chant lyrique et de piano. Devenu enseignant (il est aujourd’hui conseiller pédagogique et adjoint inspecteur), il porte une vision globaliste sur tous ces apprentissages vécus comme autant d’outils à mettre au service des autres et de sa culture. Dans le cadre d’un projet initial familial, il créera en 2002 l’association et la troupe Nonahere, qui remportera la même année un premier concours à Mahina avant de se distinguer au Heiva, notamment en 2005 (2ᵉ dans la catégorie amateurs mais promue chez les professionnels l’année suivante, une première), 2006, 2007 et 2008 ; ces trois dernières années ayant été couronnées par trois premiers prix (deux en catégorie légendaire et le dernier en création). Très attaché à l’état d’esprit associatif qui vise à encourager et responsabiliser les gens à travers le collectif, Matani n’a eu de cesse de concevoir de nouveaux projets. Il fut ainsi l’initiateur du Heiva International ou encore de la Coupe du monde de ‘ori Tahiti à To’ata. Aujourd’hui, à l’origine, avec Tiare Trompette-Dezerville, de l’association et de la plate-forme ‘Omana, il aspire à permettre à tous ceux qui œuvrent dans l’univers du ‘ori de continuer à vivre de leur passion, quelles que soient les crises ou les contraintes, grâce aux nouveaux moyens numériques et technologiques. Et ce afin, plus que jamais, de partager, de transmettre et de promouvoir cette culture qui les fait vibrer tout en étant à la base de leur identité.