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Heifara Papu | La passion du partage

Né le 14 juin 1974 sur l’île isolée de Maiao, rien ne semblait véritablement prédisposer le jeune Heifara Papu à devenir un remarquable danseur et enseignant de ‘ori Tahiti. Pas de parents dans la danse en tout cas. Mais le jeune homme s’y mettra très vite avec passion. Une passion d’autant plus grande qu’il ne tardera pas à la partager avec Herenui Tevahitua, la femme de sa vie rencontrée au collège, formant avec elle depuis 1990 un binôme plein de talents aujourd’hui à la tête de l’école, de la troupe et de l’institut culturel (ouvert depuis août 2019) Heihere, le tout étant installé sur l’île de Moorea. 

Danseurs depuis plus de 25 ans, Heifara et Herenui (devenue depuis Papu) ont évolué au sein de plusieurs grandes formations très prestigieuses, accumulant les succès notamment dans le cadre de participations au Heiva avant de faire le choix d’ouvrir en septembre 2011 leur propre école de danse traditionnelle mixte, Heihere, sur l’île sœur. Une ouverture qui sera suivie quelque temps plus tard de la création d’une troupe éponyme mais aussi depuis août de l’année dernière d’un institut culturel proposant, par exemple, des cours de ‘orero (art déclamatoire ancestral), de percussions, de fabrication de tapa (tissu en écorce végétale) ou encore de himene (chant traditionnel). Car comme aime à le rappeler ce couple de passionnés, qui en a fait à la foi son gagne-pain et sa raison d’être, « la culture polynésienne ne se résume pas à la danse ». Un état d’esprit nourri par une envie de passer à autre chose et surtout d’aller encore plus loin, qui les pousse également à viser désormais l’international en proposant, entre autres, des cours en ligne de ‘ori Tahiti sur la plate-forme ‘Omana.


Un parcours exemplaire
Si les noms de Herenui et de Heifara Papu, de même que leurs palmarès en tant que danseurs, sont quasiment indissociables depuis plus de 20 ans (pour le détail de leurs prix voir l’article consacré à Herenui), on soulignera néanmoins quelques autres réussites remarquables et toutes personnelles pour Heifara. Le danseur, qui s’était présenté en candidat libre, sera ainsi en 2006 le tout dernier Tane Heiva, élu en marge du prestigieux concours de danses et de chants par Heiva Nui. Et puis consécration supplémentaire après une déjà très belle carrière (et un prix du meilleur couple du Heiva remporté en duo avec sa moitié en 2002 avec le groupe Taure’a Nō Faa’a), Heifara recevra le 1er prix du meilleur ra’atira (meneur de troupe) lors du Heiva 2019 avec leur troupe Heihere. S’il n’est pas toujours évident pour les deux partenaires de mener conjointement et toujours ensemble une vie privée et une vie professionnelle aussi intimement mêlées, les deux artistes ont su en faire une force « qui surmonte toutes les disputes et les points de vue différents à travers la nécessité au final de devoir combiner les choses ». Un parcours exemplaire qu’ils s’attachent aujourd’hui à transmettre pour en faire une belle source d’inspiration.